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L’opposition et Deby
Source: Al-Ifrighi
"..." ce qui est douloureux, c’est que qu’il y a encore des malins qui s’efforcent de nous faire ingurgiter une supercherie qu’ils surnomment sans la moindre pudeur « opposition démocratique ». Cette opposition se bat, sans conviction d’ailleurs, pour un changement démocratique et le respect de la constitution, mais, elle n’est arrivée ni à faire respecter le droit ni à empêcher la modification inconstitutionnelle de la constitution.
Alors, faudrait-il prendre au sérieux cette méthode de lutte ? De qui se moque t-on ? Les tchadiens, dans leur ensemble, savent que Deby ne changera jamais, et ne quittera le pouvoir que de la manière qui l’a fait parvenir lui-même. Alors à quoi joue t-on sinon à légitimer un régime que la France nous impose.
A l’intérieur, le malheur des tchadiens s’accroît exponentiellement ; à l’extérieur, on les regarde avec des yeux tantôt haineux dans certains pays ou ils sont considérés comme des apatrides dans d’autres. Mais malgré tout cela, les partis politiques s’évertuent à nous faire croire que Deby est fréquentable ; on nous abreuve des communiqués aussi bidon les uns que les autres, du genre nous sommes contre telle ou telle décision gouvernementale.
Pour un système amoral que celui de N’Djamena, combien des communiqués faudrait-il pour qu’il revienne à des meilleurs sentiments ! Si les communiqués pourraient changer quelque chose, le Tchad serait depuis longtemps un model en matière de démocratie.
En fait, qu’a-t-elle fait cette opposition pour alléger les souffrances du peuple ! Au contraire, on remarque qu’elle adopte les mêmes procédés que ceux de celui qu’elle semble combattre. Apologie de la haine sous toutes ses formes : tribalisme, confessionnalisme et j’en passe…
Au Tchad on ignore que la démocratie et le patriotisme, tel des monuments, ne se construisent pas par une seule personne. Il faut plus que l’architecte. Si les partis politiques doivent avoir des programmes politiques réellement progressistes, les médias, quant à eux, doivent être les vrais bâtisseurs, car personne n’ignore que le vrai ciment de la nation est les médias.
Battons nous pour réconcilier et non pour diviser. Le journaliste est d’abord un citoyen comme tout le monde. Il a aussi intérêt à ce que sa patrie soit un havre où règnent la paix et la confiance. Ce discours de « musulman chrétien » et autres moi et toi n’arrange rien sinon nous conduire au pire.
Le Tchad n’appartient pas seulement aux chrétiens, musulmans et autres animistes ; c’est aussi la patrie des patriotes qui ne se réclament d’aucune région ou religion et qui pensent que leur pays, avec ses potentialités, puisse bien faire des miracles.
Le Tchad est aussi la patrie des athées que ce discours rétrograde agace, et qui veulent bien entendre autre chose de constructif que des histoires de Dieu. Soyons sérieux ! Même la démagogie à ses limites. Il est grand temps que les uns et les autres se rendent compte que ces genres des gesticulations ne peuvent convaincre un peuple humilié.
Pour que le peuple ne les prenne pour des complices du régime qui les a tant humiliés, les leaders de l’opposition tchadienne doivent prendre immédiatement toute leur responsabilité en contribuant de manière effective à mettre hors d’état de nuire ce régime honni. C’est un devoir plus que des ambitions personnelles.
Albissaty Saleh Allazam
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