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Qui est imbécile ? Celui qui change ou celui qui ne change pas ?
Source: Al-Ifrighi
Il est souvent dit qu’en politique, la conscience intellectuelle et la morale sont des aberrations.
Cette vision du comportement politique est si rependue qu’on a tendance à prendre les rares personnes qui croient aux vertus d’une politique sincère pour des politiquement immatures, des impubères.


En effet, la majorité des acteurs politiques définissent cette science sociale (la politique) comme étant une activité ludique qui consiste à ce que le plus talentueux en mensonge gagne la partie. L’opprobre est jeté aux politiciens immatures ; autrement dit, les honnêtes ; ceux qui pensent « naïvement » que la politique est l’art d’organiser, de gérer les potentialités nationales de manière rationnelle en vue d’en faire profiter équitablement le plus des personnes possible. Ceux-là, leur trajectoire politique se termine, au meilleur des cas, dans un cul de sac appelé la prison sous prétexte d’un quelconque « politiquement incorrect », selon l’entendement de la majorité, les vrais politiciens, c’est-à-dire les malhonnêtes, les intrigants et autres populistes ; les gagnants. C’est la raison du nombre ; une raison, tenez-vous bien, d’un nombre irrationnel.

Oumar Alkhayam retournerait dans sa tombe. Sa chère théorie, « le méthodique et le rationnel » que Descartes a fait sienne, vient de faire long feu. Elle n’est, apparemment, pas appropriée sur ce terrain-là.
Dire que le pauvre passa toute sa vie à « spéculer » sur son universalité !

Et donc, ce n’est pas « le Méthodique et le Rationnel », mais c’est l’illogique qui est gagnant en politique. Et dans cette logique de l’illogisme-là, l’immoralité, la flétrissure, le mensonge et autres vices de société sont des vertus en matière de politique. C’est la raison pour laquelle on n’entend presque jamais un politicien traiter son adversaire de menteur parce que cette « qualité », ils l’ont en commun. Voilà une nouvelle piste philosophique pour les idéologues.

Les politiquement immatures ne peuvent pas comprendre ce qui vient d’être avancé. Mais leur mécompréhension est « méthodique et rationnelle». Pour cette minorité, encore, un intellectuel ne peut pas être malhonnête parce qu’un malhonnête n’est tout simplement pas un homme à cause de l’absence de la personnalité chez lui. Car, c’est la personnalité qui fait la différence entre l’homme et l’animale. L’homme est, d’abord, cette abstraction qu’on appelle conscience qui détermine, aussi discutable que cela puisse paraître, sa « maturité biologique ».
L’imbécillité et l’idiotie en tant que degré d’arriération culturelle ne sont-elles pas dues (exprimons-le dans un langage populaire) à une malformation de la matière biologique qui est le cerveau !
Ce-ci étant, l’importance de la culture de l’individu n’est-elle pas proportionnelle à son degré de « maturité biologique » ?
Une culture bornée, cloîtrée dans un intellectualisme mutilé par des considérations confessionnelles et régionales, est la conséquence d’une « formation imparfaite du cerveau » qui serait, par voie de conséquence, incapable de mesurer la portée réelle des phénomènes sociaux.

Nous n’allons pas polémiquer sur l’homme, son origine, son destin, sur ce qu’il devrait être alors qu’il ne l’est pas. Cela, relève de la dialectique sur l’existence des matières, alors que nous n’avons pas l’ambition moins encore, franchement, la qualité d’en parler.
Cependant, nous voudrions bien évoquer un fait : Matérialistes et idéalistes s’accordent sur le fait que l’homme est une créature parfaite.

Si les idéalistes pensent que l’homme est créé par le Tout-puissant, Dieu de l’univers, les matérialistes, quant à eux, croient que l’homme est le résultat d’un long parcourt de transformation biologique en dehors de tout créateur. Dans l’une comme dans l’autre conception, on dit que l’homme est la perfection personnalisée. Or le parfait biologique est la condition sine qua non pour une bonne assimilation des connaissances théoriques et pratiques et leur « thésaurisation » en soi en vue de leur utilisation en cas de nécessité.
Ne dit-on pas que l’esprit sain est dans le corps sain ?

Ainsi, si nous sommes biologiquement parfait, notre culture doit être forcement accomplie (il existe bien une culture inachevée) parce qu’elle est distillée par des organes sains (le cerveau et ses composantes, les cellules nerveuses) et par voie de conséquence, nos idées, nos prises de positions doivent refléter la netteté de notre conscience qui est notre constante comportementale.

Une prise de position par rapport à un événement quelconque peut être inappropriée, mais émanant d’un homme cultivé et honnête, elle aura le mérite d’être sincère ; en parfait accord avec son état de santé morale et culturelle.
Nous ne pouvons en aucune manière, si nous sommes moralement sains, occulter nos vraies pensées et convictions uniquement parce que ceci ne favorise pas nos intérêts immédiats.
De même, notre conception de l’intérêt serait absolument différente de celle des vendeurs d’illusions.

Sans chercher dans les dictionnaires et autres guides de philosophie, nous dirons, tout simplement, qu’agir contrairement à ses convictions réelles est, à notre sens, la définition type de la malhonnêteté intellectuelle. Cette dernière est non seulement mesurable par le nombre des forfaitures, de félonies et autres escroqueries, mais aussi par un discours qui ne convainc pas et une prise de position dictée par un intérêt avilissant.

Dans un système politique et/ou économique, le malhonnête intellectuel n’a pas une position lui appartenant proprement.
Prêt à tout faire y compris réécrire une histoire contemporaine connue par tout le monde, lui adjoignant des additifs inventés pour le plaisir du commanditaire.

La vacuité du discours du malhonnête est sous-tendue par des gestes disproportionnées qui traduisent l’absence de conviction de l’orateur. Le manque de conviction est du à la mauvaise assimilation des connaissances livresques pêchées dans une littérature dont le sens du contenu dépasse la capacité d’appréhension du lecteur ; ce qui obscurcie sa vision des choses, rendant ainsi ses prises de position chancelantes. Tantôt révolutionnaire, tantôt réactionnaire acclamant les despotes, tantôt…

En un mot, il ne suffit pas de lire quelques publications qui sont au départ proches de notre point de vue ou notre jugement qu’on se prenne pour quelqu’un de cultivé et partant un intellectuel. Il ne suffit pas non plus de maîtriser une langue pour se faire passer pour un clairvoyant. La maîtrise d’une langue est une chose et le sens de la mesure intellectuelle en est une autre.

Bien que conscients des vagues de contestation éventuelles que nous autres politiquement immatures essuierons à cause de nos convictions, pour nous, l’intellectualité se mesure, d’abord, par l’aptitude à discerner.
Nous croyons aussi que pour acquérir cette aptitude, en plus de la formation pédagogique qui nous permet de comprendre les abc des phénomènes scientifiques (biologique, chimique, physique), leur transformation dans l’espace et dans le temps, et leur répercussion sur le plan social, il faudrait être élevé dans un milieu socialement hétérogène (ceci nous permettra de comprendre les différentes particularités des différents groupes sociaux formant la société au sein de laquelle nous évoluons) et avoir une bonne éducation parentale qui est un facteur important et pour l’assimilation des connaissances pratiques et théoriques, et pour un comportement civilisé vis-à-vis des différents groupes sociaux ayant des différentes particularités psycho-culturelles.

Ainsi, l’ensemble des connaissances théoriques et pratiques accumulées pendant un certain temps et leur synthèse permet à l’individu de tirer une conclusion se traduisant par une conviction personnelle. Cette conviction lui permettra de se positionner quant au jugement des événements selon qu’ils soient anciens, nouveaux ou futures.

En un mot, la personnalité et l’intellectualité ne sont pas des vains mots. La prudence est de mise quand il faut en parler. De même, comme elle est acquise, la personnalité peut aussi bien se perdre. C’est pourquoi tous les êtres humains sont des personnes, mais ce n’est pas tout le monde qui a une personnalité. L’âne, l’oiseau, le malade mentale l’ivrogne ont quelque chose en commun : l’absence de personnalité. Les deux premiers sont des animaux et les deux derniers sont des êtres humains, mais leurs prises de positions ne sont pas dictées par une conviction d’écoulant d’une analyse objective de la réalité des faits les préoccupants, ni que la force de leur réaction n’est proportionnelle à la gravité de la situation créée ; ils agissent par instinct bestial, spontanément.

Ainsi donc, normalement, la personnalité se découvre à travers une prise de position dictée par une manière objective de juger les phénomènes sociaux et naturels à leurs justes valeurs.
Et pour répondre au titre du sujet, nous, les politiquement immatures, dirons que s’il est vrai qu’à chaque étape de lutte pour une cause donné, la stratégie pour atteindre le but final doit changer au gré des circonstances du moment, il serait inadmissible que les nobles idéaux se transforment radicalement pour devenir, du jour au lendemain, le contraire de ce qu’ils étaient.

La méthode change, mais le principe reste. Celui qui change ses principes comme il change ses chemises n’a pas de personnalité quelles que soient ces connaissances.
Ces adages tels que : seuls les imbéciles ne changent pas, l’argent n’a pas d’odeur et autres subterfuges dégoûtants reflètent, si besoin en est, la mentalité, voir l’origine des individus qui n’ont généralement aucune référence sociale au quelle ils s’identifient.



Dr Albissaty Saleh Allazam.
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